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COURS MUSICATELIERS & CINÉMATELIERS

SAISON 2019-2020

AFFICHES & TEXTES DE PRÉSENTATION

cours animés par le chef d'orchestre, compositeur & pédagogue Patrick Crispini

Te​ Textes de présentation : © Patrick Crispini

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MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 1-ORIEN
MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 2-SCHUB

Dès l’Antiquité la suprématie orientale dans les domaines des sciences, du commerce suscitent des échanges qui vont croître dès le XIIe siècle : routes de la soie, des épices, bois, pierres précieuses, porcelaine, encens… Des liens commerciaux connaissent alors un grand développement dans les cités marchandes italiennes (Gênes, Pise, Venise) et les villes du pourtour méditerranéen. Dans les domaines artistiques l’influence est aussi perceptible : d’abord relayé par les grands voyageurs, un exotisme hybride de « style oriental » séduit les cours européennes, envahit les arts décoratifs. Les expositions universelles de Paris, à la fin du XIXe siècle, vont faire se côtoyer et s’interpénétrer des esthétiques à priori fort éloignées, donnant naissance à de nouveaux courants artistiques et nouvelles sources d’inspiration…

Franz Schubert [1797-1828], à la charnière du classicisme et du romantisme, crée ses premiers chefs-d’œuvre dans l'ombre du géant Beethoven. C'est dans le Lied que va s'imposer son empreinte la plus personnelle. De son vivant, il ne sera connu qu'auprès de quelques mélomanes réunis lors de Schubertiades, soirées musicales privées organisées par ses amis. Son unique concert public n’aura lieu à Vienne que quelques mois avant sa mort. Une grande partie de son œuvre ne sera éditée qu'à titre posthume. Félix Mendelssohn [1809-1847], lui, est un enfant prodige très tôt remarqué pour ses talents musicaux exceptionnels : sa carrière de compositeur va atteindre un grand succès partout en Europe, spécialement en Angleterre. Il est l’exemple même du musicien cultivé, raffiné, empreint de littérature, de philosophie et de poésie. Tous deux moururent en pleine force de la jeunesse, eurent la même fascination pour la musique de Bach, pourtant délaissée à leur époque, et c'est Mendelssohn qui révéla la grande Symphonie en ut majeur de Schubert au monde musical de son temps. Rapprocher ces deux génies nés à 12 ans d’intervalle, qui pourtant ne se rencontrèrent jamais, permet de mieux éclairer une période où l'exaltation romantique est au cœur de l’inspiration musicale...

MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 3-ART D

Après avoir exploré les différents aspects de l’art du beau chant lors de plusieurs cours consacrés à l’univers de la voix (audio-psycho-phonologie, opéra du XVIe au XIXe siècle, techniques vocales, tessitures, belcanto, art de la mélodie et du Lied…) Patrick Crispini continue son exploration en mettant l’accent plus spécifiquement sur trois aspects essentiels de l’interprétation : les types de voix, les timbres et les styles. Une manière de donner un certain nombre de clés pour mieux comprendre et ressentir les particularités d’une interprétation et son adéquation à l’œuvre…

CINEMATELIERS GE 2019-2020 1-TATI MON ON

De ses origines hollandaise, russe et italienne, Jacques Tatischeff,dit Jacques Tati [1907-1982] a su conserver un ton et un œil libres, au burlesque désarçonnant pour ses contemporains. Encouragé par ses coéquipiers de rugby, il monte des spectacles de mime sur le sport, dans lesquels il remporte un grand succès qui vont former sa silhouette, ainsi que son sens inné du gag. En 1947, il réalise L'École des facteurs, suivi de Jour de fête. Vont suivre une série de chefs-d’œuvre – Les Vacances de M. Hulot, Mon Oncle, Trafic, Playtime – qui installe un univers très personnel et son personnage récurrent de Monsieur Hulot, observateur distrait et désabusé de notre quotidien déshumanisé. Novateur, tournant en 70mm, retravaillant ses bandes-son, il risque et tente des expériences. L'immense décor reconstitué de Playtime entraînera sa banqueroute financière et la faillite de sa maison de production Spectra Films. Abandonné par la profession, il réalisera encore Parade pour la télévision suédoise, avec des moyens dérisoires. Esthète, philosophe sans illusion, il a jeté sur nos dérives modernes et technologiques un regard d’enfance lucide et nostalgique, tendre et ironique. Dans Mon Oncle de 1958 le réalisateur-interprète observe et oppose deux univers antagonistes : un vieux quartier menacé par l’assaut des bulldozers et un monde moderne débordant de progrès technologiques. Avec cette œuvre stylisée, au décor et à la bande son très travaillées, Tati nous interroge avec humour sur nos langages contemporains, le progrès à tout prix, les codes sociaux, le monde fonctionnel… face à une poétique de l'existence menacée par l’urbanisation inexorable…

MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 4-SPLEN
CINEMATELIERS GE 2019-2020 2-LAUGHTON LA

Protégée de l'influence immédiate de ses voisins les plus proches par son insularité, la Grande-Bretagne a tout naturellement puisé dans son propre terroir les éléments de son patrimoine musical, adaptant successivement des formes vocales ou instrumentales importées de l'étranger qui revêtent la marque de son génie national. Ainsi, la richesse du folklore musical britannique, la place prise dans l'école anglaise par la musique sacrée seront toujours tributaires des turbulences de ses apports ethniques successifs, de son histoire religieuse compliquée et de ses vicissitudes politiques et culturelles.

De là s’expliquent peut-être l’originalité et la singularité des œuvres musicales qui font la richesse de son patrimoine, mais qui demeurent très souvent, à quelques exceptions près, mal connues et peu jouées à l’étranger.

Ce cours propose d’aller à la découverte de quelques chefs-d’œuvre parmi les splendeurs de la musique anglaise…

Lorsqu’il réalise The Night of the hunter (La Nuit du chasseur) Charles Laughton [1899-1962] a déjà trente ans de carrière derrière lui et près de 50 films comme acteur muet puis parlant auprès des plus grands : Hitchcock, Kubrick, von Sternberg, Charles Vidor, René Clair, Julien Duvivier, Jean Renoir ou Billy Wilder… Son physique atypique, à l’instar d’un Michel Simon, son dégoût revendiqué pour son apparence – « J'ai un visage comme l'arrière-train d'un éléphant » dira-t-il -  donnera à son jeu une singularité qui entraînera l'admiration de ses pairs et la fascination du public. Dans les années 50, inquiété à Hollywood par la chasse aux sorcières du maccarthysme, il se décide alors à passer de l'autre côté de la caméra et tourne avec ferveur son unique long métrage, dont l’échec commercial le détournera à tout jamais de la réalisation. Pourtant, un demi-siècle plus tard, le film deviendra culte et sera considéré comme un des chefs-d’œuvre les plus importants de l’histoire du cinéma. Unique, insolite, hors normes, cet OVNI cinématographique fait appel à l’imaginaire de l’enfance, entre symboles bibliques, contes de fées, rêve et cauchemar. Dans ce poème filmique, parabole portée par la perfection d’une image et des éclairages travaillés comme des tableaux (Laughton adorait la peinture), où le noir et blanc devient miroir des âmes, le thème central est illustré par les mots tatoués sur les phalanges de Robert Mitchum (LOVE – HATE), dichotomie manichéenne qui évoque l’innocence contre le mal, l’enfance contre la noirceur du monde. Mais, derrière les apparences, rien n’est moins sûr…

MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 5-WAGNE
CINEMATELIERS GE 2019-2020 3-LEONE IL ET

Le 10 juin 1865 la première représentation de l’opéra Tristan und Isolde de Richard Wagner [1813-1883] a lieu au Hoftheater de Munich, en présence du roi Louis II de Bavière. Pendant les nombreuses et douloureuses répétitions, les musiciens chanteurs et instrumentistes déclarèrent cet opéra injouable, tant difficultés techniques et nouveautés conceptuelles de l’ouvrage déroutaient… Coup de génie et moment charnière dans l’histoire de la musique (n’y a-t-il pas un avant et un après Tristan ?), l’œuvre préfigure les bouleversements qui, du romantisme à son apogée, encore triomphant, vont progressivement conduire aux miroitements de l’impressionnisme puis aux déstructurations tonales du début du XXe siècle, en libérant l’accord de la pression tonale. En observant les ingrédients du philtre d’amour versé par Wagner dans le courant de son fleuve musical, Patrick Crispini invite ses auditeurs à apprécier les effets de ce breuvage sur les contemporains et continuateurs, en prenant de nombreux exemples pour mettre en valeur les métamorphoses d’une musique contestataire et novatrice.

Quelque part dans l'Ouest, sur un quai de gare, trois hommes harnachés de longs manteaux attendent un voyageur pour le tuer. Mais celui-ci, que tout le monde appelle Harmonica, sera plus rapide qu'eux. Non loin de là, Frank, le tueur à gage, homme de main d’un riche entrepreneur, massacre une famille dont la ferme se situe sur le trajet de la future voie ferrée. Alors arrive la belle Jill, une prostituée, venue de la Nouvelle-Orléans… Trame archétypale dans l’univers codifié du western, relecture des fameuses unités de la tragédie classique : après le succès international de Le bon, la brute et le truand, Sergio Leone [1929-1989] revisite le genre en livrant une fresque hypnotique et prend un malin plaisir à le parodier : dilatation du temps, gros plans itératifs, répétitions en forme de variations, ton résolument ironique et distancé contrastant avec l'apologie des sentiments élémentaires… Dans ce film devenu "culte" après la raréfaction du western hollywoodien, les visages magnifiés des héros servent de géographie dans un drame où l'intime rejoint la grande histoire. En déployant jusqu’à l’agacement les mélopées d’harmonica (la musique synchrone du génial Ennio Morricone), les bruits mécaniques démultipliés, les effets ultra-stylisés,  en subvertissant les mythes du western traditionnel, en travestissant Henry Fonda – héros américain intouchable - en salop intégral (ce qui heurta son public), en faisant de Claudia Cardinale et Charles Bronson des stars planétaires, le romain Sergio Leone, après des débuts dans le péplum, réalise un opéra parodique et trompeusement classique, pendant qu’à Paris gronde Mai-68…

MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 6-FACE

Chacun possède sa propre définition du Beau, à laquelle il identifie son musée imaginaire personnel. Mais, au-delà des goûts, des inclinations individuelles, des modes, qu’est-ce qui fait accéder une œuvre particulière au statut spécifique de chef-d’œuvre ? Un savoir-faire exceptionnel, la rareté de l’objet, sa cote marchande ou sa valeur intemporelle, universelle ? Plus globalement, quels sont les critères qui peuvent nous permettre d’affirmer que nous sommes face à une œuvre capitale ? Fort de ce questionnement, ce deuxième chapitre de Face au chef-d’œuvre intitulé le choc intemporel se propose de continuer d’interroger un certain nombre d’œuvres primordiales d’époques et de domaines artistiques divers, privilégiant une approche transdisciplinaire…

MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 7-MONDE

« Les couleurs sont les touches d'un clavier, les yeux sont les marteaux, et l'âme est le piano lui-même, aux cordes nombreuses, qui entrent en vibration », écrivait Kandinsky, le peintre amoureux des plastiques sonores.

Le piano n’est pas le premier instrument à corde frappée. D’autres instruments de ce type l’on précédé comme le tympanon médiéval ou encore le clavicorde. Mais c’est en 1709 que le florentin Cristofori invente un instrument nommé « Piano e forte », muni d'un marteau qui vient frapper une corde au lieu d'un sautereau venant la pincer. Dès lors, l’évolution et la progression de l’instrument seront fulgurantes, supplantant peu à peu le clavecin, entrant dans les salons et les salles de concert… Dans la série Le monde de l'orchestre, ce cours se penche sur les multiples aspects organologiques et interprétatifs du piano, cet instrument aux richesses harmoniques si étendues qu'il remplacerait volontiers un orchestre à lui tout seul...

CINEMATELIERS GE 2019-2020 4-CLOUZOT QUA

En 1947 Henri-Georges Clouzot [1907-1977], après un arrêt forcé au moment de la Libération, payant au prix fort une collaboration avec la Continental, société de production franco-allemande active pendant l’Occupation, avec laquelle il réalisa Le Corbeau, un de ses plus grands chefs-d’œuvre, retrouve peu à peu le chemin des studios français. Tentant une adaptation de Nabokov, qui n’apaise pas les tensions autour de lui, il finit par se décider à reprendre un roman policier du belge Stanislas-André Steeman (un concurrent de Simenon !) intitulé Légitime défense, auteur qu’il a déjà adapté deux fois (L'Assassin habite au 21, Le Dernier des six tourné par Georges Lacombe). Les polémiques continuent autour de lui, mais un casting de rêve se met en place : Louis Jouvet, Suzy Delair, Simone Renant, Bernard Blier, Charles Dullin, Pierre Larquey… La narration est écrite au scalpel et ménage un suspense ingénieux : un pianiste jaloux (Blier) est suspecté du meurtre d’un riche industriel vicieux (Dullin) qui courtisait sa jeune épouse (Suzy Delair), une chanteuse sexy et arriviste, aimée secrètement par son amie photographe Dora (Simone Renant). L’inspecteur Antoine (Jouvet), un vieux policier misanthrope et malicieux mène l’enquête, triant progressivement le bon grain de l’ivraie dans cette intrigue aux mœurs troubles. En apparence classique, ce polar cache bien son jeu : dans une dynamique haletante d'opérette Clouzot recrée minutieusement en studio les miroitements des paillettes virevoltantes du music-hall (ah ! le petit tralala...) tout en mettant en scène ses démons intimes. Evitant clichés et fausse pudeur, il évoque les tourments de la jalousie, des désirs physiques, de l’homosexualité féminine, et révèle les faux semblants, tout cela  par un rythme endiablé et elliptique où la virtuosité des plans et du montage, de la lumière, des cadrages, rivalisent avec la maestria des acteurs, tous extraordinaires…

MUSICATELIERS COURS GE 2019-2020 8-SUR L

Le mythe d’Orphée, sujet omniprésent dans les arts, a inspiré de nombreux artistes à travers peinture, musique, danse, poésie, théâtre... Sa figure originelle - héros antique, amoureux tragique, poète divin – a connu d’incessantes métamorphoses, porteuses d’innombrables lectures esthétiques, philosophiques ou psychanalytiques. Ses résonances trouvent encore de multiples échos dans le monde de la création contemporaine. En abordant la triple complémentarité des sons, des couleurs et de l’univers spécifique des oiseaux – au moment où le Grand-Théâtre de Genève reprend le Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen [1908-1992], ouvrage monumental dans lequel le compositeur ornithologue rassemble toutes ses recherches sur le monde des sons-couleurs en relation avec une mystique chrétienne autour du saint ami des oiseaux – ce cours propose une expérience sensorielle unique, étoffée d’exemples précieux, afin qu’Orphée chante en chacun de nous…

CINEMATELIERS GE 2019-2020 5-FELLINI AMA
MUSICATELIERS AFFICHE 2019 version PC.jp

« Je ne peux travailler qu’au moyen du souvenir, à travers l’essentialité dans laquelle la mémoire des choses fonctionne. Je peux le faire seulement à travers le filtre du souvenir qui décante, décompose, va au cœur des choses » écrit Federico Fellini [1920-1993]. C’est le fil que dénouent, dans un entrelacs de fantasmagories évocatrices, les quatre tableaux évoquant le passage successif des saisons du film Amarcord (qui signifie je me souviens dans le dialecte romagnole de sa terre natale). Sous le fascisme, la chronique d'une année à Rimini, ville natale du réalisateur sur la côte adriatique, vue à travers la famille de Titta, collégien adepte de l'école buissonnière. « Je me souviens des saisons, des paysages, de la ville, de ses habitants, de ma famille, des fascistes, de mes peurs, de mes angoisses, de mes fantasmes, de mes plaisirs, des femmes ». Selon son habitude, reconstituant en studio avec le génie collectif de ses fidèles collaborateurs artisans de Cinecittà l’univers kaléidoscopique de son enfance, le maestro revisite ses premiers émois au cinéma Fulgor et fait ressurgir une galerie de personnages hauts en couleur, nés de la fantaisie de ses dessins oniriques. Femme fatale, grand-père obsédé sexuel, buraliste aux seins océaniques, accordéoniste aveugle, maîtres d’école archétypaux, fascistes de carnaval, prostituée hallucinée, prince des mille-et-une-nuits… Rayonnante au milieu de cette comédie humaine la Gradisca (Magali Noël) promène sa grâce opulente et fragile, avant d’être enlevée par un mari carabinier… Souvenirs tendres, nostalgie diffuse, évocations lunaires et poétiques ponctués par le passage éthéré des manine… le tout scénarisé avec le complice Tonino Guerra et parfumé par la musique de Nino Rota.

Un coup de maître irrésistible…