COURS MUSICATELIERS

SAISON 2020-2021

AFFICHES & TEXTES DE PRÉSENTATION

cours animés par le chef d'orchestre, compositeur & pédagogue Patrick Crispini

Textes de présentation : © Patrick Crispini

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Stéphane Hessel, dans son petit opuscule « Indignez-vous » s’exclamait : « Créer, c’est résister, résister, c'est créer ». L’histoire de l’art nous le rappelle sans cesse : le chef-d’œuvre est souvent un acte de révolte, une réaction pour tenter de dépasser par l’esprit et l’esthétisme ce qui semble terrasser une époque, une société, des mœurs, gangrenées par le joug de régimes ou de dogmes aliénants. On peut même observer que les pires moments de l’Histoire ont paradoxalement été propices à de grands élans de création. On n’en finirait pas d’énumérer les exemples où la contrainte, l’oppression donnent à l’artiste l’occasion de transcender la réalité en libérant des énergies créatrices qui s’imposent par leur force universelle : Ulysse résistant au chant des sirènes et suscitant l’Odyssée d’Homère, Socrate à son procès tenant tête aux Onze de la République athénienne, porté aux nues par les platoniciens, Boèce produisant sa Consolation de philosophie alors qu’il est emprisonné à Pavie pour s’être opposé à Théodoric… Plus près de nous, on pourrait citer : Victor Hugo exilé à Guernesey, Baudelaire livrant ses Fleurs du mal aux censeurs, Pablo Picasso donnant corps à son immense toile Guernica, en réponse au bombardement de la ville ordonné par les nationalistes espagnols, René Char quittant les alcôves de la poésie surréaliste pour rejoindre les maquis de la Résistance, Paul Éluard voyant son poème Liberté parachuté par les forces alliées au-dessus de la France occupée, Chostakovitch délivrant dans sa musique ce que le couvercle soviétique lui interdit dans la vraie vie... On pourrait encore évoquer l’exil forcé aux USA de  nombreux compositeurs de la Mitteleuropa, juifs pour la plupart, dont les œuvres qualifiées par les nazis de « dégénérées » (Entartete Musik) vont donner naissance au plus belles pages de la musique de l’âge d’or du cinéma hollywoodien…

Dans un parcours rassemblant diverses disciplines artistiques, ce cours offre une occasion unique d’approfondir ce sujet toujours d’actualité : l’art en résistance.

Le mythe d’Orphée, sujet omniprésent dans les arts, a inspiré de nombreux créateurs...

 

À travers les millénaires la figure du héros antique, de l’amoureux tragique, du poète divin, a connu de constantes métamorphoses, porteuses d’innombrables lectures esthétiques, philosophiques ou psychanalytiques.

 

Le symbolisme et la mystique qui entourent son chant procurent des résonances inspiratrices qui, aujourd’hui encore, trouvent des échos dans le monde de la création contemporaine.

 

En abordant la triple complémentarité sons, couleurs oiseaux, à travers diverses formes artistiques (musique, littérature, arts plastiques, cinéma), Patrick Crispini propose un voyage sensible et original, afin que la lyre d’Orphée continue à vibrer en chacun de nous…

« Ce sourd entendait l'infini […] Cette étrange musique est une dilatation de l'âme dans l'inexprimable. L'oiseau bleu y chante ; l'oiseau noir aussi. […] Elle est tout. Profond miroir dans une nuée. Le songeur y reconnaîtrait son rêve, le marin son orage […] Ces symphonies éblouissantes, tendres, délicates et profondes, ces merveilles d'harmonie, ces irradiations sonores de la note et du chant, sortent d'une tête dont l'oreille est morte. Il semble qu'on voie un dieu aveugle créer des soleils ». Voilà ce qu’écrivait Victor Hugo, qui prétendait ne rien entendre à la musique, à propos du génie de Ludwig van Beethoven (1770-1827). Rebelle, frénétique, irréductible aux codes de son époque, visionnaire, sourde aux conformismes et compromis esthétiques, sublimement humaine et pourtant élégiaque, l’œuvre de ce démiurge prométhéen continue plus que jamais à inoculer son énergie irrésistible dans le cœur de chaque être humain et dans l’histoire des hommes, ne serait-ce qu’à travers l’Ode à la joie de sa IXe Symphonie, dont l’Union européenne a fait son hymne fédérateur... Mais a-t-on bien mesuré, au-delà de l’élan épique qui annonce l’époque romantique, l’extraordinaire architecture intérieure qui sous-tend l’écriture beethovénienne et la projette à une hauteur de pensée rarement atteinte ?

« Ce dur nœud de sens tendus à rompre. Cette implacable condensation d’une musique qui sans cesse voudrait s’échapper », dont parle Rainer-Maria Rilke, lui aussi ébloui par la portée métaphysique du compositeur allemand...

À l'occasion du 250e anniversaire de la naissance de ce génie universel, ce cours propose une approche thématique de l’univers beethovénien, au plus près des manuscrits, en tâchant d’en suivre le souffle créateur et les errances de l’inspiration qui lui donnent des ailes d’éternité...

Chacun possède sa propre définition du Beau, à laquelle il identifie son musée imaginaire personnel. Mais, au-delà des goûts, des inclinations individuelles, des modes, qu’est-ce qui fait accéder une œuvre particulière au statut spécifique de chef-d’œuvre ? Un savoir-faire exceptionnel, la rareté de l’objet, sa cote marchande ou sa valeur intemporelle, universelle ?

 

Plus globalement, quels sont les critères qui peuvent nous permettre d’affirmer que nous sommes face à une œuvre capitale ?

 

Fort de ce questionnement, ce deuxième chapitre de Face au chef-d’œuvre intitulé le choc intemporel se propose de continuer d’interroger un certain nombre d’œuvres primordiales d’époques et de domaines artistiques divers, privilégiant une approche transdisciplinaire…

« Les couleurs sont les touches d'un clavier, les yeux sont les marteaux, et l'âme est le piano lui-même, aux cordes nombreuses, qui entrent en vibration », écrivait Kandinsky, le peintre amoureux des plastiques sonores.

Le piano n’est pas le premier instrument à corde frappée.

 

D’autres instruments de ce type l’on précédé comme le tympanon médiéval ou encore le clavicorde. Mais c’est en 1709 que le florentin Cristofori invente un instrument nommé « Piano e forte », muni d'un marteau qui vient frapper une corde au lieu d'un sautereau venant la pincer.

 

Dès lors, l’évolution et la progression de l’instrument seront fulgurantes, supplantant peu à peu le clavecin, entrant dans les salons et les salles de concert…

 

Dans la série Le monde de l'orchestre, ce cours se penche sur les multiples aspects organologiques et interprétatifs du piano, cet instrument aux richesses harmoniques si étendues qu'il remplacerait volontiers un orchestre à lui tout seul...

Le principe de la variation nous relie aux expressions les plus anciennes des cultures de civilisations orales : nome de la Grèce antique, pratiques des musiques primitives ou orientales (ràga hindou, maqam arabe, etc.) ou récentes du jazz, nourrissant les improvisations des interprètes ou le développement des transes initiatiques gravitant autour d’une cellule rythmique ou mélodique. Dans les formes écrites, la variation a pris progressivement une place majeure dans le processus créatif.

Les plus grands compositeurs y ont trouvé de quoi démontrer le haut degré de leur science musicale (les Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach ou les Diabelli de Beethoven par exemple, ce dernier trouvant dans cette forme à la fois les contraintes nécessaires à l’ossature de son inspiration, mais aussi la liberté que sa musique ne cesse de revendiquer).

Les artistes plasticiens y ont aussi puisé de quoi affirmer ou illustrer les principes de leurs esthétiques : on pense à la série des Pietà achevées ou inachevées de Michel-Ange, celle des Cathédrale de Rouen ou des Meules de foin de Claude Monet, ou encore à la déclinaison des Arbres de Piet Mondrian, décomposés comme une démonstration pour illustrer le passage du réalisme vers l’abstraction.

Thème et variations : tout procède d’une cellule initiale – le thème - vecteur d’une architecture en devenir, d’une pensée, d’un état psychologique, d’un univers sonore. C’est encore le cas du leitmotiv, fer de lance de la dramaturgie wagnérienne au service de l’œuvre d’art total (Gesamtkunstwerk)…

En donnant des clés pour mieux comprendre ces principes fondateurs, ce cours fait entrer les auditeurs au cœur de la création artistique.

La musique a très vite accompagné les images du cinématographe : improvisations au piano, machines à bruits diverses, premières œuvres écrites pour un film (Saint-Saëns livre la première partition originale pour L'Assassinat du Duc de Guise en novembre 1908), orgues de cinéma, orchestres et bruitages en tous genres... Les compagnies de cinéma, puis les grands réalisateurs comprennent l'importance du soutien musical pour la dramaturgie d'un film. À Hollywood Max Steiner, Albert Newman, Erich Korngold, Miklós Rózsa, Dimitri Tiomkin écrivent les grandes pages de l’âge d’or du cinéma. La comédie musicale devient un genre propre à l'industrie du film : on fait appel aux meilleurs compositeurs de l'époque, Gershwin, Cole Porter, Leonard Bernstein

De nouveaux auteurs apportent leur style propre à l'œuvre de grands réalisateurs : que serait Alfred Hitchcock sans Bernard Herrmann, Federico Fellini sans Nino Rota, Claude Sautet sans Philippe Sarde, Touchez pas au Grisbi sans l'harmonica de Jean Wiéner ou le western-spaghetti sans celui d'Ennio Morricone ? Que serait Marcel Carné sans les merveilleux dialogues de Jacques Prévert et Prévert sans Les Feuilles Mortes du très fidèle Josef Kosma ? Mais comment se crée une musique de film, quelles sont les contraintes du genre ? Comment lire une image de cinéma avec sa musique ? Patrick Crispini, lui-même auteur de musiques pour le cinéma, remontant l’histoire du 7e art, propose ce cours très documenté et passionnant pour mieux apprécier les liens subtils et souvent méconnus entre l'image et le son.

Le romantisme, mouvement européen qui trouve ces racines en Allemagne à la fin du XVIIIe siècle, à la faveur des élans du « Sturm und Drang » (« Tempête et passion ») insufflés par Goethe et ses amis poètes et philosophes, ne connaîtra jamais de chef de file ni de mots d’ordre.

Les artistes veulent avant tout privilégier l’expression des passions et la subjectivité de leur vision, avec une sensibilité régénératrice, fuyant l’hégémonie des dogmes, la rigidité des systèmes, qui place l’individu – le Moi – comme nouveau diapason des sentiments et des sensations.

Dans la première moitié du XIXe siècle, la France, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, la Russie mais aussi les pays scandinaves connaissent cette effervescence que Victor Hugo décrit comme « une révolution faite dans les arts qui commence par la poésie, continue dans la musique et  qui en renouvelle la peinture ». Mais c’est dans les salons, hauts lieux du romantisme, souvent tenus par de brillantes femmes d’esprit, parfois relayés par de célèbres courtisanes, que va véritablement s’épanouir l’esprit romantique. Dans ces  «cénacles » - terme biblique renvoyant à la salle où Jésus se réunissait avec ses disciples - ont croise écrivains, poètes, peintres, sculpteurs, dessinateurs, artistes en devenir côtoyant figures reconnues, tous adoubés par les fortunes de la nouvelle grande bourgeoisie.

Ils viennent goûter un mode de confort et de plaisir(s) dans les hôtels particuliers nouvellement aménagés, tout en échangeant librement sur leurs créations. On y discute de tout, on y ose tout, on y expérimente les délices des « paradis artificiels », comme ce club des Haschischins, dont font partie Baudelaire et Théophile Gautier. En Allemagne, le style « Biedermeier » installe une nouvelle proximité avec l’œuvre d’art, le récital de mélodies et de Lieder prolonge les veillées de musique de chambre. On y réduit pour piano à 4 mains les grands airs des opéras célèbres.

Dans les salons du romantisme s’épanouit un nouvel art de vivre l’art…

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